..."Grévin" de pacotille


 

« Dans votre Grévin de pacotille,
les fantômes des greniers
enfantent des poupées rouillées,
des chérubins aux yeux crevés,
cauchemar des petites filles
qui tapissent des boîtes
de toiles d’araignées
pour faire des berceaux,
comme des cercueils ouverts.
Dans le sillage de vos reins,
cette armée de somnambules
forme la ronde des éclopés.
Vers le Cabinet des Mirages,
sous les arcades de cuivre,
dans la cascade de glaces,
tourbillon de miroirs piqués,
j’ai vu votre image à l’infini
tandis qu’un baigneur manchot
prenait votre sein de célluloïd.»
 
Serge Le Vaillant*
 

 

 

  Mes boîtes

 
Des petits mondes, des univers
aussi étranges que poétiques
des boîtes, des valises, des tiroirs, des malles...
tout ce qui peut accueillir, contenir
mes histoires faites d’objets, de tissus, de fleurs,
de poupées, de vierges, d’images pieuses,
de vieilles photos, de morceaux de métal rouillé,
d’objets inutiles
qui retrouvent une nouvelle vie
là, tous assemblés.
Mes poupées sont souvent abîmées, cabossées, en morceaux
elles parlent du temps qui passe
de la mémoire, la famille, l’enfance...
Tout part de la rencontre avec un objet,
une matière, une sensation
sans réfléchir,
sans idée préconçue,
je pars à tatons,
j’essaye, je cherche
lentement.
 
 
 
 
 

  Mes photos

Images délicates et mystérieuses,
comme des tableaux anciens
qui prendraient corps,
d’esthétiques images tâchées,
éraflées, triturées,
des flous fragiles,
une recherche de couleurs puissantes
la sensation du tissu précieux,
élimé,
la peau diaphane piquée
comme un vieux miroir,
le corps donné à voir
en morceaux,
pas de tête mais des bras,
des mains,
de la chair...
Des photographies qui pourraient être
chacune à leur façon,
un ”corps-poème”,
rien n’y est véritablement montré,
mais tout est esquissé, filtré,
dévoilé à peine.

 

 

 

 

 

 

Top